Surmonter une addiction est un grand accomplissement pour la personne dépendante, mais elle doit aussi faire face à ce que beaucoup d’autres ont ressenti après un traitement : la peur de la rechute. Il est relativement courant de rechuter après une période d’abstinence, avec un taux de rechute d’environ 25 % des patients.
Selon le modèle développé par Marlatt et Gordon, la rechute commence par une situation à haut risque suivie d’une réponse inadéquate de la part du patient. Dans cette situation, la confiance en soi diminue et le risque de rechute augmente.
Qu’est-ce que la rechute ?
La rechute se produit lorsqu’une personne retourne complètement à une substance ou à un comportement après une période de rétablissement. Un terme similaire, slip, décrit une courte reprise de comportement addictif avant d’arrêter à nouveau.
Les personnes en rétablissement présentent souvent un risque élevé de rechute, car l’usage chronique de substances peut entraîner des modifications cérébrales structurelles et fonctionnelles qui mettent du temps à se normaliser.

Types et étapes de la rechute
- Rechute traditionnelle : la personne prend consciemment la décision de revenir à son comportement addictif (ex. : fumer du cannabis pour gérer le stress un an après l’arrêt).
- Rechute libre : terme familier pour une rechute accidentelle, qui se produit sans intention, par exemple en consommant de l’alcool en pensant boire une boisson sans alcool.
Parfois, la personne en rétablissement commence à avancer vers la rechute inconsciemment, des semaines ou des mois avant d’utiliser à nouveau. Des pensées, émotions ou événements spécifiques peuvent déclencher des envies et augmenter le risque si elles ne sont pas gérées correctement.
Les trois phases de la rechute :
- Phase émotionnelle : commence bien avant l’usage effectif. Le patient ne gère pas ses émotions de manière saine, les supprime, s’isole, nie certains problèmes et néglige sa santé. Même sans penser consciemment à rechuter, éviter les émotions difficiles peut poser les bases d’une future rechute.
- Phase mentale : le patient ressent un conflit entre son désir de rester en rétablissement et l’envie de rechuter. Il peut minimiser les conséquences négatives de l’usage et chercher des occasions de se droguer ou boire.
- Phase physique : acte final de consommer des drogues ou de l’alcool. La rechute physique peut parfois rendre la personne plus dépendante qu’avant le rétablissement.

Causes courantes de rechute
La rechute survient souvent après plusieurs facteurs de risque qui s’accumulent :
- Exposition à des stimuli : rappels sociaux ou environnementaux (voir un ami consommer, toucher des objets, odeurs ou lieux associés à la drogue ou à l’alcool).
- Stress et pression : stress élevé et mauvaises stratégies d’adaptation peuvent pousser à utiliser des substances pour soulager la tension.
- Problèmes personnels : conflits familiaux ou amicaux génèrent des émotions négatives ; mal gérés, ils représentent plus de 50 % des rechutes.
- Facteurs psychosociaux : être entouré de personnes consommant des substances augmente le risque. Un système de soutien limité ou négatif complique le rétablissement.
- Faible estime de soi : un manque de confiance dans ses capacités de rétablissement favorise la rechute.
- Excès d’émotions positives : même le bonheur peut devenir un déclencheur si la personne cherche à le renforcer par la consommation.
Il est important de ne pas considérer la rechute comme un échec, car cela augmente culpabilité et honte et nuit au rétablissement. La rechute doit être vue comme une expérience d’apprentissage essentielle pour progresser vers un rétablissement complet.
Signes avant-coureurs d’une rechute
La prévention est plus facile pendant la phase émotionnelle, qui précède la consommation réelle :
- Difficulté à gérer les émotions négatives
- Isolement social et suppression des émotions
- Négation des problèmes
- Négligence de soi
- Manque d’attention aux autres
Cette phase représente le pont entre addiction et rétablissement. Il est crucial d’agir dès cette étape pour éviter une rechute complète.
Stratégies efficaces pour prévenir la rechute
- Prendre soin de soi : sommeil, exercice, alimentation équilibrée et routine structurée aident à réduire les risques.
- Stratégie H.A.L.T. : surveiller si l’on est Hungry (faim), Angry (en colère), Lonely (seul), Tired (fatigué). Ces états augmentent le risque de rechute.
- Pleine conscience et méditation : apprendre à observer ses désirs sans y céder, accepter qu’ils arrivent mais peuvent passer.
- Reconnaître et éviter les déclencheurs : internes (stress, anxiété, colère, faible estime) ou externes (personnes, lieux, objets).
- Soutien social et groupes de pairs : participer à des groupes pour alcooliques ou addicts offre soutien, responsabilité et compréhension, et prévient l’isolement.
Comment gérer une rechute
- Chercher de l’aide rapidement : suivi régulier avec un thérapeute et soutien familial ou social.
- Prendre soin de soi émotionnellement et physiquement : activités plaisantes et saines comme yoga, méditation, sport, lecture, journal, alimentation saine.
- Analyser les causes : voir la rechute comme une opportunité d’apprentissage : identifier ce qui s’est passé, comment réagir la prochaine fois, quelles alternatives existent.

Conclusion
Comprendre comment survient une rechute est essentiel pour prévenir les écarts. La confiance en ses capacités à gérer les stimuli et les envies réduit considérablement le risque de rechute. Le rétablissement est un processus de croissance personnelle qui inclut parfois des rechutes, mais chaque étape peut être utilisée pour renforcer la récupération.
Sources :
